BREAKERS MAGAZINE 3

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A la manière des magazines de surf, snow, skate qui existent depuis des années et qui ont permis de développer ces cultures, il est temps de mettre le papier au service du Break.

Mais qu’est-ce que le Break, le Bboying ? Quel est le mouvement que nous pratiquons et que nous décidons de partager, de défendre ? Est-ce un simple mouvement dansé, mi-sportif mi-artistique, où est-ce bien plus ?

Il nous a fallu 1 année pour définir nos réponses à ces questions auxquelles nous aurions dû penser dès le début. Heureusement qu’il n’est jamais trop tard pour se créer et s’identifier.

Suivez cette rubrique et vous comprendrez ce que nous souhaitons partager.

Le Bboying en tant que lifestyle.
Act unique.

BREAKERS MAGAZINE 3
L’aventure ne commence-t-elle reellement que maintenant ?

CHAPITRE 1

FROM EDITION 2 TO EDITION 3 REALLY QUICKLY.

10 FEVRIER 2022

Pas encore remis de toutes les merveilles que nous avions vécues la veille, lors de la soirée de sortie de la seconde édition du magazine, Seb et moi avions rendez-vous à 6h30 du matin à la gare de Lyon pour partir chercher le contenu de la 3ème édition.

On a adoré cette soirée, l’ambiance était folle. L’espace, petit, peut-être un peu trop, condensait l’énergie proche des gens. Les cyphers étaient étroits, invitant a la gestion de l’espace et l’interaction avec les danseurs en attente de rentrer dans le cercle.

 

En voici quelques photos prises par Aburridx

 

On a pris le train en direction de Lyon. Une fois arrivés à la gare, nous sommes montés dans un taxi en direction de Vaulx-en-Velin : « Vous savez que vous allez dans le quartier le plus chaud de Lyon là ? » nous prévient le chauffeur.

On est arrivé à la gare routière du centre de Vaulx en Velin où on s’est assis à un café pour attendre. Sebastian est allé faire un tour dans le coin, moi je terminais de préparer l’interview que nous allions réaliser. Je l’avais commencée dans le train, elle était bien mais je sentais qu’il manquait quelque chose.

Observant, m’inspirant des tours qui nous entouraient, j’ai commencé à me demander : « A quoi est-ce que j’assimile le Break ? A quel type de population le Break est-il assimilé aujourd’hui ? A quel milieu social ? Le Break est-il toujours une discipline qui parait accessible à la jeunesse ? Ces vidéos de battles impressionnent-elles davantage qu’elles peuvent décourager ? « .
Ces questions, réfléchies rapidement lors de cette courte attente, ont permis les réflexions qui définissent aujourd’hui notre structure.

Bref, basé sur ses pensées, j’ai noté une question à poser lors de l’interview. Finalement, la camionnette noire floquée Street Off arriva.

WELCOME TO
BBOY LILOU

Ca fait bizarre dans un premier temps de s’asseoir dans la camionnette du multiple champion du monde de Breaking, Bboy Lilou. Un peut intimidant au début, l’atmosphère se détend très rapidement tellement la sympathie émane de Lilou. Il nous a amené quelques centaines de mètres plus loin dans les bureaux de son association Street Off. Au mur, quelques produits Red Bull ainsi qu’une carte du monde, avec, en rouge tous les pays dans lesquels il s’est rendu pour danser. Autant dire que la carte est bien rouge.

On a passé 4h avec lui, il a prit tout son temps pour répondre à toutes nos questions, puis pour nous montré sa ville, là ou il a grandi, là ou il a dansé pour la première fois, là ou il a appris le Kung-Fu.

On a parlé de beaucoup de choses. De lui, de l’Algérie, de « l’indiscipline » Lyonnaise, de l’Opéra. Du duo légendaire – Brahim/Lilou, de la ceinture, de ses revendications politiques et culturelles etc.

Quelques heures qui nous ont permis de comprendre un petit peu le personnage, et de s’immiscer dans sa vie, à Vaulx-en-Velin, pour vous partager en détail, d’où vient réellement ce personnage. Une interview faite de danseur à danseur, pour aborder des sujets que seul un Bboy peut connaître.

Une belle interview, imagée à l’argentique par Sebastian Esguerra pour BREAKERS magazine.

 

CHAPITRE 2

UNE BREVE HISTOIRE DU HIP-HOP FRANCAIS

Après avoir mangé un burger au snack de Vaulx-en-Velin avec Lilou, on est rentrés à Paris. Quelques jours après, nous avions un autre rendez-vous pour la 3ème édition du magazine.

« Allo Niko, ouais je suis arrivé à la philharmonie ! »
« Ok ca marche, j’ai un peu de retard, je vais pas tarder. Vas faire un tour à l’expo en m’attendant si tu veux. »

Etes-vous allés voir cette exposition ? Hip-hop 360, dont Francois Gautret en est le commissaire. C’est une exposition qui résume le Hip-hop Francais sous tous ses aspects : Rap, Danse, Graffiti, Djiing, Mode.

Un réel portail spatio-temporel qui vous place en immersion dans les ambiances et moments clés les plus significatifs du Hip-hop Francais. Immanquable.

D’autant plus que ça prenait tout son sens d’y rencontrer Niko. Exposé en vitrine, le belt ring des PCB, quelques rush de l’émission H.I.P H.O.P. etc. Pleins d’objets qui placent et illustrent le décors de cet entretien.

15 FEVRIER 2022

LES MULTIPLES VIES DE NIKO NOKI

Ne connaissant Niko Noki que de réputation, j’avais demandé à John Smith, de Total Feeling crew de m’aider à créer l’interview, pour être sûr de poser les bonnes questions, d’aborder les aspects importants etc.

A vrai dire, une fois installé au café de la Philharmonie, il n’aura fallu poser qu’une seule question pour commencer à avoir un flux d’informations à en perdre la tête.

« Salut Niko, peux-tu commencer par te présenter ? »

De cette question s’ensuivirent 2 heures de discussion, d’échanges. D’un côté, Sébastien et moi-même, avec un oeil relativement jeune sur la culture Hip-hop, avide d’en savoir plus sur l’arrivée du Hip-hop en France ; et de l’autre côté, Niko Noki, membre des Paris City Breakers qui est investi dans la culture Hip-hop depuis 1982.

 

Voici un court extrait qui peut témoigner de la richesse des informations de cet entretien:

« Il y a quelque chose qu’il ne faut pas oublier, c’est que la particularité du Hip-hop Français est de s’être fait tout seul. Le Hip-hop Français, à ses débuts, ne doit rien aux Etats-Unis. Les racines du Hip-hop Français sont locales. Ce que je veux dire par-là, c’est qu’il est évident que le Break vient des Etats Unis mais que en 1982, nous avons lancé notre propre mouvement après avoir vu les RockSteady pendant 30 secondes à la télé. Après le NY City Rap Tour, nous n’avons pas attendu d’autres vidéos pour apprendre d’autres mouvements, car les autres vidéos sont arrivées un an après. Les modèles du Hip-hop Français, c’était nous, nous qui passions à la télé tous les dimanches lors de H.I.P. H.O.P., pas les Américains. Il n’y aurait pas une histoire si forte en France si elle n’avait pas commencé comme ça. »

1. NIKO ET LES DEBUTS DU HIP-HOP FRANCAIS

2. NIKO INSPIRE LE BREAK ITALIEN

3. ORISHAS

4. L’EVOLUTION DU MONDE DU HIP-HOP DEPUIS 1982

Ce qui nous a marqué dans le discours de Niko, c’est la « simplicité » avec laquelle il semblait avoir approché le Break et le Hip-hop. Il se décrivait, lui et ses amis avec qui il dansait, comme des gamins qui s’entrainaient toute la semaine, s’inspirant de ce qu’ils avaient à disposition, juste pour aller gagner des défis en boîte de nuit le week-end. « On ne s’est jamais dit en commencant qu’on allait un jour gagner de l’argent grâce à ça. ».

Comment la jeunesse approche-t-elle le Break aujourd’hui ? Toutes ces vidéos de battle, de grandes scènes illuminées ne rendent-elles la discipline « décourageante » ? Ou sinon, est-ce cela le vrai visage de la culture Hip-hop, Breaking ?

Est-il possible de comprendre un minimum l’importance de la culture en ayant ces vidéos comme unique source d’information ?

Encore quelques questions que nous nous sommes posées, qui nous permettent de réfléchir sur l’objet que nous souhaitons créer.

LOST SPOTS

Un article de Lison Bourcier, pour la 3ème édition de BREAKERS magazine.

Connaissez vous ce spot ?

Si oui, vous devez être nostalgique. Si non, vous êtes soit trop jeunes, soit n’être jamais allé dans la ville de Rennes.

Lison, aka bgirl Libra nous fait voyager avec un article romancé qui voyage a travers les continents et a travers les époques. Elle est partie à la rencontre des « forgotten spots » de Rennes, Tallinn en Estonie et Santiago, au Chili. Un « forgotten spot », qu’est-ce que c’est ? C’est un lieu d’entrainement, de rencontre qui a forgé une génération, qui a été un moment de l’histoire indispensable au développement de l’histoire locale de la danse, mais qui a aujourd’hui été délaissé.

CHAPITRE 3

A BODY IS NEVER BROKEN

En réalité, le début de la réalisation de l’édition 3 avait commencé bien avant le 10 Février. Elle avait commencé environ 6 mois avant, sur l’île de la Réunion.

2021

Comme certains le savent, le projet BREAKERS magazine est né sur l’île de la Réunion. A cette période où l’idée ne faisait que naître dans mon esprit, je venais de m’installer sur cette île que je découvrais. Je découvrais aussi une belle poignée de danseurs et de danseuses qui sont maintenant mon crew, Fratelli.

Ces personnes que j’ai rencontrées sont celles qui m’ont soutenues au quotidien dans les réflexions, les décisions à prendre.

Avec eux j’ai rencontré beaucoup d’autres personnes atypiques, aux histoires poignantes. Parmi ces personnes, nous pouvons, et devons citer Soussou Nikita.

C’est difficile d’écrire sur une personne qui nous inspire. Soussou est une personne qui donne une valeur immense à chaque moment, à chaque jour de la vie. C’est une personne qui a été testée par la vie, et qui s’est révélée être à toute épreuve. Ses sourires et ses rires, sa joie de vivre transparait dans l’adversité.

Danseuse depuis plus de 40 ans, elle a marqué le monde de la danse en France grâce à sa liberté et la force de ses convictions. Mais nous ne parlons que très peu de sa carrière, car il faudrait écrire un livre pour en faire le tour.

Nous parlons d’une méthode de travail qu’elle a développé. Une méthode de travail qui vise à travailler le corps et l’esprit pour mieux s’accepter, pour mieux appréhender la vieillesse.

Personnellement, j’ai pu bénéficier de ses conseils et de ses méthodes. Il y a tout à apprendre de cette philosophie.

 

SOUSSOU NIKITA

« J’ai mis au point cet échauffement car je voulais valider ma décision de faire ce métier. Je voulais que l’expérience que j’ai pu tirer de toutes les choses qui me sont arrivées servent à quelque chose. A force de ne jamais considérer mes blessures à leurs justes valeurs, à force de ne pas sentir mes douleurs, il y a eu pleins de choses que je n’ai plus pu faire, j’ai perdu beaucoup de facultés. Mon objectif a donc été de faire accepter aux danseurs leur propre corps, consolider leurs corps en profondeur pour mieux appréhender la vieillesse. Il faut accepter chaque jour ce que tu es pour te réinventer, te réapproprier ton corps. Un handicap n’est rien d’autre qu’une qualité mal employée. ».

TALKS

Grâce au sondage que nous avions fait lorsque nous devions choisir le sujet de la rubrique « Talks » de la 3ème édition, nous avons eu de très bonnes idées. Parmi ces idées, le sujet qui a été retenu est le suivant : « Originalité, personnalité, authenticité ».

Parmi les personnes que vous avez souhaité lire sur ce sujet, nous avons pu en avoir certaines, comme Timo et Xisco.
Les 2 autres personnes que nous avons réussi à avoir seront dévoilées d’ici peu, et ce sont des très bonnes surprises.

Les 2 textes que nous avons déjà rédigés témoignent d’une force de la compréhension de la danse, de l’approche de sois-même. Des visions introspectives intenses, intelligentes, inspirantes. Ces textes sont à lire, absolument.

En voici un cours extrait de l’interview de Timo (Tekken crew):

« C’est être soi-même dans l’intention la plus sincère, juste être qui tu es, comme tu es. Comprendre les qualités et les défauts, comme tous les aspects que sommes et que nous avons. C’est vraiment une question d’expression de soi. Il y a donc cette grande interrogation sur l’acceptation de soi, comprendre qui on est pour pouvoir proposer ce qu’on a sur le coeur, son histoire, son identité. »

BREAKING AS A LIFESTYLE

Ce qui est marquant dans cette rubrique « Talks », c’est que, depuis la 1ère édition, peu importe le thème abordé, la discussion cite constamment un rapport très proche au lifestyle de danseur. Que l’on parle de toprocking, de crew, d’originalité, la notion de lifestyle revient toujours. C’est ce lifestyle qui rapproche le Break aux autres disciplines du Hip-hop, qui contribue à le définir en tant qu’art, en tant qu’art de vivre.
Cet aspect lifestyle, si important chez nous tous, est-il assez mis en avant dans l’image qu’a aujourd’hui le Break ?

Pour illustrer ces propos, faisons une très rapide comparaison le skateboarding et le breaking :

Le skateboarding est une culture underground, invitée également aux J.O. Cette invitation a été contestée par la scène, tout comme l’invitation du Breaking l’est aujourd’hui. Cependant, la culture skate génère beaucoup plus de capital et d’interêt aux yeux du grand public que la culture breaking.

Penchons nous sur des médias historiques de la culture skate, comme l’enseigne thrasher, qui rassemble aujourd’hui 7 millions d’abonnés sur sa page instagram. Si on essaye de remonter en haut de page et qu’on regarde la première vidéo de la page instagram thrashermag, on voit des jeunes qui trainent, sapés hoodie large avec des Vans trouées qui lancent des tricks dans un skatepark. Maintenant, si l’on regarde la dernière vidéo de la page thrahsermag, que voit-on ? Des jeunes, dans un skaterpark ou dans la street qui lancent des tricks et chutent. C’est la même chose. 

L’image qu’a maintenu la culture skate au fil ans est d’une authenticité à toute épreuve. Malgré la difficulté de cette discipline, une simplicité dans son éxécution transparait. L’aspect culturel, l’aspect lifestyle est débordant. Il suffit d’une planche, de quelques obstacles, d’être sapés en mode « skateur » pour pouvoir s’y identifier. Skater a toujours été cool, a la mode. C’est pour cette raison que, aujourd’hui, tout le monde porte des marques des skate, sans pour autant être skateur. C’est pour cette raison que la culture skate génère un capital monstrueux aujourd’hui.

Qu’en est-il pour le break ? Si nous arrivons à mieux valoriser cet aspect lifestyle, le Break aurait-il davantage d’intérêt aux yeux des jeunes ? Des marques iconiques de Break pourraient-elles percer chez le grand public ?

CHAPTIRE 4

IT’S ALL ABOUT TO BE IN YOUR HANDS

Parlons du magazine, puis parlons de nous.

INFINITY

C’est sans aucun doute l’article phare de cette édition. C’est un article duquel les gens parleront, un article qu’on sera heureux d’avoir pu parcourir, qu’on est heureux de savoir qu’il existe. C’est un article qui retrace une magnifique histoire du Hip-hop. Une histoire humaine qui parcoure les continents, les traditions, les ages et les valeurs.

Cet article est rédigé par Elisa Salomon, photographié par Vinh, Hicham, Sebastian, Elisa et dessiné par Samuel Galan.

Cet article s’appelle Nekketsu, où la force asiatique du Break Francais.

Nekketsu, c’est le chemin parcouru par de jeunes enfants, filles et garçons dont les parents, originaires de pays d’Asie, ont émigrés en France. Nekketsu, c’est la quête de ces filles et garçons qui ont un jour, en ville, banlieue ou campagne Française, croisé le Hip-hop sur leur parcours de vie. Ce Hip-hop les a alors très vite passionné, leur a semblé mystique, leur rappelant les arts traditionnels de leurs origines, mixé avec une touche et une énergie « street ».

Ces filles et ces garçons se sont alors accrochés à cette danse qui les a passionné.

Nekketsu s’intéresse à ces différentes générations de filles et de garçons qui sont devenus bgirls et bboys et qui ont marqué l’histoire du Break et du Hip-hop Français.

 

 

NEKKETSU, OU LA FORCE ASIATIQUE DU BREAK FRANCAIS

BREAKERS MAGAZINE 3 – DISPONIBLE

Qu’est-ce que le Break ? Le Bboying ? Quel est ce mouvement que nous sommes tant à pratiquer, qui nous passionne, pour lequel nous sacrifions beaucoup ?
Le fait est qu’il est très compliqué de savoir ce qu’est le Break. Il faut des années d’éxpériences et une envie de savoir pour pouvoir en comprendre une infime partie. Vouloir comprendre ce qu’est le Break, c’est devoir s’intéresser à l’histoire de la musique, à l’histoire de la danse, à l’histoire de l‘Afrique, des Etats-unis, du monde, à l’histoire de la culture Hip-hop… Mais avant tout, c’est devoir s’intéresser à l’histoire des Hommes.
L’histoire qui a donné naissance au Hip-hop et au Break est dure, complexe. L’héritage de ces périodes sombres vit aujourd’hui à travers ses activistes. Il vit à travers nos pas de danse, à travers nos récits. Le Break ne se résume pas aux vidéos de danse, toutes plus impressionnantes les unes que les autres, qui parcourent les réseaux sociaux. Le Break est un monde magnifique, un style de vie riche, pure, sain.

Dans cette 3ème édition du magazine BREAKERS, continuons de nous plonger dans les histoires des hommes et des femmes qui font la richesse de ce monde.